Droit au but

Par Réda Dalil

Dans un Maroc officiel où la parole creuse abonde et les éléments de langage ont fini par aseptiser les débats, Fouzi Lekjaa détonne. Une heure passée en sa compagnie pour préparer le dossier de cette semaine vous en convainc. Franc, direct, volontiers fier-à-bras, il dynamite les stéréotypes en vigueur chez les hauts commis de l’Etat, dont la crainte d’une parole qui dépasse confine à la paranoïa. Lui, assume ses points de vue avec lesquels on peut évidemment ne pas être d’accord. Mais des points de vue, il en a des masses. Chose étonnante d’ailleurs pour quelqu’un que l’on confine volontiers au monde du football. Lekjaa, après les politesses d’usage, se lance dans une analyse géopolitique, expliquant la déliquescence de la gouvernance en Europe, la montée des populismes et les prédispositions des peuples à se livrer à des hommes de poigne comme Donald Trump ou Vladimir Poutine. Son propos contraste avec la réputation qu’on lui fait d’homme de l’ombre, puissant Fouché tirant les ficelles du football national à coups de favoritisme, de passe-droits et de budgets colossaux. Bien entendu, Lekjaa…

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